Témoignage: L’incontinence après l’accouchement…ça arrive!

Par Audrey Lambert – Nous les mamans quand on jase là, nous parlons beaucoup de la bedaine, énormément de l’accouchement mais rarement de la récupération de l’entre-jambe des demoiselles qui accouchent par voie naturelle. Ça se place bien mal dans un 5 à 7 entre 2 gorgés de cocktail! Sujet tabou? Je ne pense pas. L’incontinence après l’accouchement, un sujet gênant? En effet.

Témoignage: L'incontinence après l'accouchement...ça arrive!

L’incontinence après l’accouchement…ça arrive!

Alors je vous partage une petite tranche de vie humiliante. Je la raconte parce que j’en ai pleuré pendant quelques jours car que je m’attendais à tout sauf ça! Parce que j’ai eu honte et parce que j’ai eu peur! Parce que oui, vous avez lu les paragraphes concernant le rôle du périnée et des fameux exercices pour le renforcer dans les 2564 livres que vous avez lus sur la préparation à l’accouchement mais que vous avez peut-être sauter par-dessus certains paragraphes en vous disant « Ben voyons! Ça ne m’arrivera pas ça! ». Ben des fois votre déni peut vous rattraper. Je parle ici… d’incontinence. (son dramatique – PA PA PAAAAM)

Une fois mon beau gros (pas tant que ça) garçon de 8.1 lbs sorti de mon ventre, une infirmière qui tâte délicatement (NOT) le bas de mon ventre m’annonce fièrement que j’ai la vessie pleine. Que je dois aller aux toilettes. Un peu traumatisée de mon accouchement je me dis : « Impossible. Je ne peux pas marcher. Pour toujours. J’ai un ballon de basketball qui vient de sortir d’un endroit aussi étroit qu’une échalote. »

Et je n’avais même pas envie.

Mais à mon grand étonnement, oui. Évidemment qu’on peut marcher immédiatement après un accouchement. J’ai donc pris mon soluté et mon « pipi pad » (la grande classe quoi) et je me suis dirigée non sans difficulté vers la toilette. Jusque-là, aucun problème, même si j’ai l’impression que tout mon intérieur bascule vers le bas, tout se passe bien.

Mais le lendemain matin… Après une bonne nuit de sommeil (RE-NOT), j’entame ma routine habituelle qui commence évidemment par un « ti-pepi ». Oui j’ai eu le temps de me rendre. Non je n’ai pas eu le temps de baisser mes culottes. Le sentiment de sentir un liquide chaud couler le long de ses cuisses, totalement impuissante, à la fin vingtaine… comment je dirais bien ça… c’est PANIQUANT.

Je n’ai à aucun moment été capable de me retenir. Je sors en pleurant, rouge de honte et de colère. Je regarde mon conjoint et je hurle « MON PÉRINÉE EST SCRAP ». Il me répond « ton quoi!? ». « J’ME SUIS FAIT PIPI DESSUS!!!! ». Ouais, j’ai fait rire les infirmières.

C’était le drame de ma vie. J’étais si incomprise! Et je me voyais porter une couche pour l’éternité. Ben oui bon. J’étais ultra mélo dramatique. J’étais ultra émotionnelle. J’étais même irrationnelle. Vous connaissez peut-être ma relation haine-haine avec les hormones… Mais pourquoi personne ne m’en avait parlé? Pourquoi personne ne m’a suggéré de traîner avec moi des couches pour adultes? Parce que je vous le confirme : une Maxi Plus Pad a des limites d’absorption!!! AH! Mais ceci étant dit, en sortant de l’hôpital, et les quelques semaines suivantes, je devais prévoir tous mes déplacements en fonction de la proximité d’une toilette! Je me sentais comme un enfant de 3 ans à qui on apprend la propreté! « As-tu fais ton p’tit pipi avant de partir? »! C’est dont ben dégradant!

Bon. Je vous rassure, mon périnée se porte mieux. J’ai eu si peur que j’ai pris les exercices de Kegel au sérieux. Ces exercices consistent à renforcer les muscles du périnée en contractant les muscles qui soutiennent la vessie, puis les relâcher et ce, à quelques reprises. Je passais donc mes journées contractée. Je rêvais de Kegel la nuit. Kegel était soudainement devenu le sujet numéro un de mes lectures. Il était mon nouvel allié, mon nouveau meilleur ami. Kegel en conduisant, en mangeant, en allaitant, en parlant au téléphone, en regardant la télévision, en lisant, même en marchant (pas évident).

Dans mon cas, je n’ai eu besoin que des exercices de Kegel et de beaucoup de patience pour régler mon problème temporaire (et normal) d’incontinence. Pour celles qui auraient besoin de plus, n’hésitez pas à consulter un physiothérapeute spécialisé en rééducation périnéale. Vous comprendrez vite que 1) vous êtes normales, 2) vous n’êtes pas seules et 3) non, vous ne porterez pas de couche pour l’éternité.

…Au final, le personnel de l’hôpital avait bien raison : « Calmez-vous Mme Lambert, faites vos exercices régulièrement et tout redeviendra comme avant.» … ou presque.

Aaaaa AAAA TCHOUM.

Eh Merde.

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