Mon témoignage sur l’infertilité

Voici mon témoignage sur notre parcours pour arriver à fonder notre famille.

témoignage sur l'infertilité | Maman Consomme

Très vite quand mon homme et moi nous sommes rencontrés en 2001, nous savions que nous voulions fonder une famille. Quelques mois plus tard, on a fait comme tout le monde qui veut des enfants, on a cessé de se protéger. Les mois ont passé et toujours rien et c’est lors d’un rendez-vous chez ma gynécologue que j’ai appris que c’était sûrement moi le problème car j’ai le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) comme 10% des femmes. Par chance avec une médication, ça pouvait marcher.

Après plus de 6 mois à prendre des médicaments pour ovuler et à faire mes courbes de température qui démontraient que je n’ovulais toujours pas. On a été référé à un spécialiste en fertilité. À ce moment là, on était suivi au service de gynécologie de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont avec le docteur Pierre Miron. On a beaucoup aimé ce spécialiste mais moins aimé devoir attendre les rendez-vous assis parmi les femmes enceintes et/ou devoir nous déplacer aux différents endroits où il exerçait.

À partir du moment où on a commencé avec Dr Miron, on a eu droit à une batterie de tests et pas tous amusants à faire! Mais grâce à ça, on a compris qu’on avait tous les 2 un problème. Moi pas d’ovules et lui une mauvaise qualité du sperme. On apprenait qu’à moins d’un véritable miracle, il était impossible pour nous de concevoir naturellement. S’en est suivi 4 inséminations artificielles qui n’ont pas été fructueuses.

Je vivais très mal la chose, j’en voulais à la terre entière, j’étais constamment en train de me remettre en question, j’étais amère. On aurait dit que mon corps ne voulait pas de la médication, je sentais mille et un effets secondaires. Et à côté de ça, il y avait le stress de toujours devoir annoncer à mon employeur que je devais m’absenter, essayer de faire vite et c’était multiplié par 2 car je voulais que mon homme assiste à tous les rendez-vous. Et puis après la 4e insémination, notre bon docteur nous a dit qu’on devait passer à la procédure In Vitro et qu’il ne pouvait plus nous suivre, nous devions être suivi en clinique de fertilité.

À ce moment là, j’étais très déprimé, on a décidé de prendre une pause de la fertilité. J’étais en train de réaliser que si j’étais un enfant, je ne voudrais pas de la femme que je devenais comme mère, ça pouvait bien ne pas marcher! Et puis ma famille me l’avait toujours dis… je n’était pas faite pour avoir des enfants… C’était bien intégré depuis l’enfance. Je devais me donner le temps de faire un deuil, pas celui de ne pas avoir d’enfant mais celui de la facilité à concevoir. Il me fallait accepter d’être aidée médicalement pour réaliser mon rêve. Il me fallait changer ma façon de penser, j’avais le choix de me trouver malchanceuse que ce soit si difficile ou chanceuse d’avoir les spécialistes pour m’aider. Il me fallait me réconcilier avec la vie, tout n’allait pas si mal après tout! Fallait que je change mon focus.

C’est bien facile à dire mais dans les faits, ça m’a pris 3 ans. J’ai laissé mon emploi, je suis retournée sur les bancs d’école, j’ai coupé les liens temporairement avec certaines personnes, j’ai pris soin de moi et de mon couple, j’ai perdu du poids, j’ai lutté contre mes démons et changé ma façon de penser. Je n’ai pas espéré de miracle et j’ai appris à prendre tous les bonheurs de la vie qui passaient et que je ne voyais plus depuis longtemps.

Et puis un jour je me suis senti assez forte pour recommencer. On n’y a pas réfléchi longtemps mais on s’est posé des conditions, on investissait pas plus de 12 mois dans l’aventure et j’allais aux rendez-vous toute seule à chaque fois qu’il n’était pas nécessaire qu’on soit là les 2. On voulait rendre le processus le moins contraignant et le moins stressant possible.

Au début de 2010 on posait nos fesses sur les chaises de la clinique OVO. Cette fois c’est sous les bons soins du docteur Jacques Kadoch qu’on allait revivre l’expérience. Après la longue batterie de tests prescrite, comme la vie fait bien les choses, on était à un mois de la gratuité! Mais comme la médication était commencée depuis quelques semaines, Dr Kadosh a décidé qu’on ferait une insémination artificielle pour ne pas perdre un cycle.

Quand je suis sortie du bureau du docteur, j’étais fâchée! J’étais prête à payer 10000$ pour faire ma 1ere tentative in-vitro, il me faisait perdre un mois et on était déjà en juin!!! Malgré tout le jour de l’insémination, on était de bonne humeur et on se sentait bizarrement comme des enfants la veille d’une tempête, c’était drôle et bizarre à la fois. Alors que ça prend environ 3 secondes pour faire l’insémination, mon homme a dû aller à la toilette et il s’est trompé de salle quand il est revenu. Je m’excuse à la pauvre dame qui était dans cette salle le 6 juin 2010. Ce jour là, la magie opérait pour nous et je devenais enceinte de notre fille.

Cette expérience m’a fait comprendre que mon attitude y était sûrement pour beaucoup. La majorité des médicaments que j’avais pris était les mêmes que Dr Miron m’avait prescrit auparavant et cette fois ils ne me donnaient plus d’inconforts. Je pense que j’étais tellement fâchée de ma situation que je rejetais inconsciemment tout ce qui pouvait m’aider. J’en ai déduis que parfois on peut avoir les meilleurs médecins de la terre et le bon traitement, si au fond de nous on préfère s’apitoyer sur son sort et se plaindre au lieu d’être ouvert et faire ce qu’il faut pour atteindre l’objectif, ça ne va pas marcher.

Quand je suis entrée chez OVO en 2010, je n’avais plus de doute que je méritais ou non un enfant ou que je serais ou non une bonne maman. J’ai parlé de ce retour à très peu de monde pour ne pas avoir à gérer les commentaires qui avouons le, ratent presque toujours leur cible. J’étais forte et je savais qu’un résultat négatif n’allait pas m’anéantir. D’ailleurs 2 semaines après l’insémination, c’était en plein le jour de la fête des pères, je devais faire mon test de grossesse qui s’est avéré négatif! C’est une semaine plus tard que j’ai su que j’étais enceinte de Mimi.

Alors au début de 2013, c’est un couple très positif qui est retourné chez OVO et encore sous les soins du Dr Kadosh. On était quand même un peu inquiet avant d’avoir les résultats de nos examens car cette fois, on espérait faire les inséminations sans se rendre à la procédure in-vitro. Après tout, si rien n’avait changé, on connaissait le bon cocktail de médicaments à prendre. Et comme la vie fait bien les choses, on nous donnait le feu vert pour 3 inséminations avant de réviser le plan de match.

La 1ere tentative a viré en protocole In Vitro puisque mon corps a trop bien répondu à la médication, j’avais 4 ovules!!! C’est rendu à la ponction des ovules qu’on s’est rendu comte que quelque chose clochait, j’avais mal pris un médicament… C’était de ma faute si ça échouait! Je m’en suis bien voulu un peu mais bon, quelques semaines semaines plus tard on repartait pour les inséminations avec les bons dosages de médicaments.

Et pour la petite histoire, le matin de ma 3e insémination qui était le 27 novembre 2013, je savais que la magie opérait. C’est une journée où il m’est arrivé plein de belles choses et ça commencé dès mon arrivée chez OVO.

Aujourd’hui notre famille est complète et on est très reconnaissants envers la vie. Mais après coup je ne peux m’empêcher de me dire qu’on était pas un cas très difficile mais ça été quand même très long pour fonder notre famille. J’ai fort probablement été mon pire obstacle, la lutte contre mes vieux démons aura été difficile mais salutaire. Je pense que parfois les obstacles psychologiques sont les pires à franchir. Voilà c’était mon histoire, 11 ans de notre vie de couple!

  1. Kate Doula Petitclerc

    mars 13, 2014 at 10:22

    Bonjour! D’abord bravo d’avoir eu le courage de partager ce témoignage! Ensuite, si cela peut t’intéresser, je te partage cette page où figurent entre autre quelques témoignages dans l’onglet “articles” http://www.facebook.com/DarALuzDonnerLaLumière. Au plaisir!! Kate xxx

  2. MamanConsomme

    mars 13, 2014 at 10:30

    Merci pour ton commentaire, j’irai voir les témoignages 🙂

    1. Kate Doula Petitclerc

      mars 13, 2014 at 10:33

      Super! 🙂 Le mien s’y trouve également, en fait c’est plus un roman en 3 tomes ahahah 😉 Je me promet de conclure le tout… éventuellement! 🙂 Au plaisir!! xxx

  3. Kate Doula Petitclerc

    mars 13, 2014 at 10:47

    Oh et au fait, je partage et comprends on ne peut mieux les sentiments par lesquels vous êtes passés 😉 Et ils ne sont pas faciles à avouer! Pour ma part, après 5 ans d’essai bb, 3 ans en clinique, je peux vous dire que je ne regrette absolument rien, que rien n’arrive pour rien et que j’ai beaucoup grandi suite à cette expérience. Je pense aussi que bien souvent, nous sommes notre propre obstacle dans la réalisation de nos projets et de nos plus grands rêves, qu’il s’agisse de fonder une famille ou d’autre chose! C’est très bien dit 😉 Mais souvent, ce n’est pas le genre de constatation que l’on fait en début de parcours 😉 xxx

  4. MamanConsomme

    mars 13, 2014 at 11:56

    Mon témoignage est la réflextion de plusieurs années, je ne faisais pas du tout ce genre de constatations au début. Il est aussi fort probable que le témoignage n’aurait pas été le même si ca n’avait pas marché. Je ne trouve pas ton t/moignage 🙁

    1. Kate Doula Petitclerc

      mars 13, 2014 at 12:38

      Oups effectivement, je viens de me rendre compte que lorsque j’ai fusionné ma page Parce qu’on vient de loin avec Kate, Doula! j’ai oublié de publier à nouveau les bribes de mon parcours 😉 Je vais y remédier 😉 Au plaisir de vous retrouver sur facebook! 🙂

  5. À toi qui essaie de fonder une famille... | Maman consomme

    juillet 30, 2016 at 10:46

    […] Lire mon témoignage sur l’infertilité.  […]

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